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6 mois de vie au pair à Sydney, le bilan.

Aujourd’hui vendredi 6 mai, je suis installée dans le canapé du salon, je mange des biscuits au chocolat et je surveille le moniteur à travers lequel j’entends la respiration lente de Daxon. Une routine bien rodée… C’est l’heure de la sieste et c’est aussi mon dernier jour de fille au pair…

On attend ce jour avec impatience et émotion et c’est un mélange de tout ça qui me prend aujourd’hui. Vous dire que mon expérience d’au pair a été dure parfois, c’est la vérité et vous dire qu’elle a été enrichissante, c’est finalement cette vérité là que je vais retenir.

Je suis arrivée à Allambie Heights, au Nord de Sydney, le 7 novembre dans la famille de Karina et Michael et leur bébé Daxon. Je m’en suis occupée de ses 6 mois et demi à un an, tous les jours de 8h à 18h avec babysitting le vendredi. Cela fait pas moins de 45h minimum par semaine avec parfois quelques week-end en extra. Moi qui pensais qu’avec un bébé ça serait moins de travail, on peut dire que j’ai été assez naïve sur ce coup là.
Pendant que mes copines au pair laissaient leurs protégés à l’école ou à la crèche, je passais mes journées entières avec le mien. Et ça n’a pas été de tout repos : Daxon est un bébé actif, qui ne dort pas beaucoup dans la journée, adore jouer et être autonome mais toujours en compagnie. Son humeur est fluctuante, il a une forte personnalité et beaucoup d’intelligence. Rien que ça…
J’ai appris petit à petit à le connaitre et à comprendre comment il fonctionnait. Au lieu de lutter à le faire dormir alors qu’il ne voulait pas, j’ai compris qu’il n’avait qu’une seule envie : vivre et apprendre. Il me fallait donc l’accompagner dans tout ça, avec peu de temps mort.

J’ai changé des kilos de couches, donné des centaines de biberons, regardé le moniteur des dizaines de fois, dépitée, qu’il se réveille après seulement 25 minutes de sieste (c’est dans ces cas là que le chocolat console), je connais les couleurs de toutes les boites aux lettres du quartier, je maîtrise les horaires des bus 142 et 280 et connais presque tous les chauffeurs, j’ai pris de la purée, des framboises et des pièces de puzzle en bois dans la figure, j’ai rangé des milliers de fois les mêmes jouets, je suis partie un nombre incalculable de fois à la recherche de ce satané anneau bleu, j’ai fait des kilomètres avec mon porte bébé et ma poussette me faisant copine avec tous les papis et mamies du coin, j’ai souhaité très fort qu’il fasse la sieste, j’ai croisé les doigts pour qu’il ne râle pas, j’ai fait des milliers de câlins et de bisous, j’ai raconté ma vie à toutes les mamans des playgrounds après avoir échangé les traditionnels « Oui Daxon est un prénom original, oui il est grand pour son âge et non il ne dort pas beaucoup », je connais bien sûr tout les parcs qui ont une balançoire pour bébé, j’ai chanté tout le répertoire des chansons pour enfant en français, j’ai tenté des dizaines de fois d’apprendre « twinkel twinkel little star » sans jamais aller plus loin que le refrain, j’ai chanté « The Wheels on the Bus go round and round » version chewing gum à la française, j’ai fondu à chacun de ses sourires et je l’ai accompagné avec joie dans plusieurs de ses « premières fois ».
Je l’ai vu marcher à quatre pattes puis se relever sur ses deux jambes pour enfin faire ses premiers pas. Il a mis mes nerfs à rude épreuve, il m’a fatigué, fait mal au dos, empêché de dormir, surprise, fait rire, attendri, amusé, étonné et aujourd’hui me fait pleurer.
Je me suis attachée à ce petit bonhomme plein d’énergie et j’ai le coeur arraché de le quitter aujourd’hui.

La vie à Allambie Heights est plus qu’agréable. C’est une banlieue privilégiée de Sydney, tout à côté de Manly. Je dirai d’une manière générale qu’être au pair dans les northerns beaches c’est travailler dans un super cadre.
Mes journées ont été pas mal rythmées par des sorties à Manly, où je me sens comme chez moi. J’adore marcher le long de la plage et déambuler dans les rues avec les petits cafés. Bien évidemment avec un passage obligé par tout les aires de jeux.
En semaine j’avais peu de temps libre et honnêtement dès que la journée se terminait à 18h je n’avais envie que d’une chose : me poser tranquillement et recharger mes batteries pour le lendemain. Du coup, j’ai fait peu de sortie en semaine, mais aussi pour des raisons économiques. Le transport à Sydney coûte cher et boire des verres ou se faire un resto régulièrement aurait dilapidé mon compte. Mon but était surtout de travailler et économiser pendant ces 6 mois pour pouvoir m’offrir 3 mois de voyage !
J’avais la chance d’avoir un bon cuisinier à la maison avec Michael. Le barbecue était à l’honneur régulièrement. Il y a eu une bonne entente avec Michael et Karina tout au long du séjour. Partager la vie d’un couple n’a pas toujours été évident pour moi. J’avais toujours peur de perturber leur vie privée mais ça n’a gêné que moi au final. Les gens sont beaucoup plus relax en Australie :) Notre proximité d’âge (ils ont 39 ans) rendait l’expérience comme une collocation plus que comme des « parents d’accueil ». Le week-end Michael travaillait souvent et Karina profitait d’être avec Dax et se reposait ce qui faisait que j’étais parfaitement autonome de mon côté. Nous n’avons pas vraiment partagé d’activité ensemble mais ce n’est pas bien grave car j’étais occupée à explorer les alentours de Sydney en compagnie de mes copines.

Je ne suis pas une nanny professionnelle et pourtant j’ai fait le choix de vivre cette expérience australienne en tant que fille au pair. Ce choix a beaucoup étonné autour de moi car j’ai fait des études et j’ai exercé un métier « sérieux » pendant huit ans. Mais pour moi, je ne suis pas allée chercher de quoi remplir mon CV mais plutôt une expérience de vie qui me remplisse moi.
Je me souviens qu’en quittant mon travail, j’ai lâché un truc du genre « je veux travailler avec des humains et faire quelque chose terre à terre ». Après huit années dans la com’ j’avais l’impression à la fin de toujours jouer un rôle, d’être un caméléon et de ne plus savoir qui j’étais. De plus la communication oblige à être connecté tous le temps, évoluer dans un monde à 100 à l’heure. Au lieu de tracer ma route et d’être pris dans cette spirale, j’ai pris un risque, le temps d’une pause, celui de la remise en question, du travail sur soi et du changement, aussi radical qu’il peut être. Et croyez-moi, avec les rencontres que j’ai fait ici, je ne suis pas la seule.

Alors oui, vivre dans un pays étranger, dans un environnement inconnu, dans une famille qui est culturellement différente, devoir parler l’anglais tout les jours, découvrir des nouvelles habitudes et m’occuper d’un bébé à plein temps pour la première fois, j’ai trouvé que cela avait du sens et était un challenge… Beaucoup d’au pairs y voient uniquement un moyen de voyager, je ne cache pas que mon choix a été en grande partie guider par cela, mais pas seulement.
Comme je ne fais pas les choses à moitié, j’ai vécu cette aventure à fond en observant, analysant et apprenant de ce que je voyais.
J’intellectualise beaucoup les choses j’avoue ! Appelez ça une étude sociologique, psychologique… c’est en effet un peu de ça. J’ai adoré échanger avec Michael (canadien) et Karina (brésilienne) sur nos différentes cultures et j’ai aimé voir comment Daxon apprenait tous les jours à devenir un petit garçon étape par étape entouré de ses parents.

Est-ce que ça m’a donné envie de me reconvertir dans un travail avec les enfants ? Je pense pouvoir répondre non pour l’instant, mais ça je le savais bien avant d’être au pair :)

Je sais aujourd’hui que j’ai donné le meilleur de moi-même, mon énergie et ma patience et j’ai appris beaucoup de choses en retour.
Je conseille à toutes et tous – car il y a aussi des aupairs garçons – de tenter cette aventure sans hésiter. C’est un formidable moyen de découvrir un pays et sa culture. Il faut seulement se rendre compte en avance que garder des enfants n’est pas une chose simple. On a beaucoup de responsabilités, il faut donc aimer s’occuper d’enfants (le babysitting ne compte pas, on parle bien d’être avec des enfants à 100% toute une journée !) et être mature. Ne pensez donc pas qu’à 30 ans vous êtes vieille pour coller à la formulation « jeune fille » aupair. Je pense au contraire que la maturité est essentielle pour le job.

Je suis heureuse de ces six mois écoulés mais je suis aussi contente de terminer pour partir vers de nouvelles aventures. Je suis en train de boucler mes bagages pour un départ ce dimanche 8 mai pour la Nouvelle-Zélande ! Je vous dis alors à très bientôt avec de nouveaux récits de voyage !

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