Baleine à Kaikoura

Roadtrip en Nouvelle-Zélande – Part 3/6 : des glaciers jusqu’aux baleines de Kaikoura

Le temps n’a pas été fameux à Wanaka mais on continue sur la côte ouest en direction des glaciers.

Comme souvent on emprunte une scenic road qui serpente cette fois autour des lacs Hawea et Wanaka. Le ciel est gris mais un peu dégagé et on profite cette fois un peu de la vue. On arrive en fin d’après-midi au camping du DOC Lake Paringa à 6 NZ $ / personne. Le camping est au pied du lac et l’on profite d’un joli coucher de soleil en se faisant dévorer par les sandflies :)

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Scenic road

Nous mettons le cap le lendemain vers le Fox Glacier. J’avais vu dans mon guide que nous pouvions faire des randonnées sur le glacier depuis la terre. Au visitor center, on nous dit le contraire… Il n’est plus possible maintenant d’accéder au glacier par la terre, il faut désormais prendre un hélicoptère qui nous pose au sommet du glacier où la glace est plus solide. Les prix étant élevés, on fera l’impasse… et puis comme d’habitude, la météo n’incite pas à se lancer.

On peut malgré tout s’approcher à pied assez prêt du glacier avant d’être arrêté par une barrière. Au loin, nous voyons des gens proches du glacier et l’on se demande comment ils ont fait pour arriver si près. On pense que c’est sûrement un tour qui les a amené là. A leur retour vers la barrière je leur demande quel tour leur permet de s’approcher si prêt mais tous me répondent qu’ils y sont allés d’eux-même en enjambant la barrière. Sur les messages d’interdiction il est précisé que l’accès est interdit pour des raisons de sécurité. Les personnes qui reviennent de la base du glacier nous disent que c’est safe, qu’il faut juste faire attention à quelques cours d’eaux à traverser. Ni une, ni deux, on se regarde et on décide finalement (et bêtement) de braver l’interdit. On évolue sur des cailloux et effectivement on traverse des cours d’eau. Jusque là sans grande difficulté… seulement après quelques mètres le flot des cours d’eau se fait plus violent et il devient compliqué de négocier la traversée. On arrive malgré tout à sautiller de pierre en pierre pour passer les obstacles. Jusqu’à un moment où l’on se trouve encerclé par des ruisseaux plus violents les uns que les autres et où il n’est pas possible de traverser. On se retourne pour voir les passages que nous avions déjà traversés et le débit et la puissance de l’eau ont largement augmentés depuis que nous sommes passés. On réalise, sans grande surprise, que l’on est au pied d’un glacier, qu’il pleut et que la montée des eaux est alors une évidence… Nouveau regard interrogateur avec mes compagnons… et l’on décide de rebrousser chemin, comme la plupart des courageux qui nous ont suivi. Moralité : quant il y a une barrière, c’est très souvent pour préserver notre sécurité…

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Fox glacier

Sur la route en venant jusqu’au glacier nous avions aperçu plusieurs départs de balades. On reprend donc la voiture jusque là et nous faisons la river walk qui fait emprunter un pont mouvant et nous plonge dans une forêt humide (je précise qu’il pleut toujours sur nos têtes). A la fin de la balade on arrive à un autre versant du glacier et l’on peut admirer une autre de ses faces, superbe !

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Pont suspendue – river walk Fox glacier

Un autre incontournable à faire dans le coin est le lac Matheson, alias « Mirror lake ». Etant donné la météo nous sommes déjà préparé à ne rien voir mais nous faisons un saut là bas pour admirer le point de vue. Le tour complet du lac dure 1h30 mais déjà sous le parapluie par une pluie battante, nous optons uniquement pour le premier point de vue, là où l’on est sensé voir la réflexion (im)parfaite.
Je vous invite à faire un tour sur Internet pour voir à quoi cela ressemble par temps dégagé…Non, non je ne me plains pas…

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Lac Matheson « mirror lake »

Etant donné que nous sommes déjà trempés, pourquoi ne pas continuer dans notre lancée pour aller voir le glacier suivant, le Franz Josef !
A quelques kilomètres plus loin nous laissons la voiture et je coure sous la pluie avec Thomas (Noélia ayant déjà déclaré forfait) pour rejoindre le point de vue en hauteur.
Il est effectivement dommage de voir le glacier sous la grisaille, la brume et sous la pluie… mais quand même… je me retrouve face à un glacier qui a des milliers d’années et qui, comme, le panneau explicatif nous montre, diminue de plus en plus… et encore une fois, je suis en Nouvelle-Zélande !! Ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir de telles merveilles.
Le coeur en joie, on descend en courant sous le parapluie jusqu’au van et on fonce vers le prochain camping.

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Franz Josef Glacier

On s’arrêtera à Hokitika pour la nuit et l’on choisi un camping payant (45 NZ $ pour 3, notre moins cher !) pour profiter d’une douche chaude et d’un repas copieux cuisiné dans une vraie cuisine… où l’on a mis le chauffage à fond !

Là, autour de la table, une nouvelle réunion s’impose. Après les trombes d’eau et les vents violents, on décide que l’on a donné assez d’espoir à la côte ouest… on décide alors de ne pas poursuivre plus loin vers les pancake rocks et de donner sa chance à la côte est.

Thomas avait entendu dire que Christchurch était une ville « à voir » après le séisme violent de 2011. Je suis moyennement motivée d’aller dans cette ville juste pour constater, en mode voyeur, les dégâts avant de me rendre compte que malheureusement, la ville doit se battre pour continuer à développer son tourisme et arriver à se reconstruire.

On décide donc de traverser l’île jusqu’à Akaora puis de nous diriger vers Christchurch.

Le lendematin, après une nuit où le vent n’aura fait que souffler, je prends le volant pour cette journée d’expédition vers l’est !
Ca sera pas moins d’une journée complète de route pour arriver à bon port. Les virages et les routes de montagne n’ont fait que s’enchainer… sous la pluie et la grêle bien sûr.

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On the road

Arrivés à Sheffield, le ciel se dégage tout à coup et on se retrouve sous le ciel bleu et le soleil. On se regarde en riant et l’on se dit que nous avons fait un bon choix…

Nous arrivons à Akaora un peu avant le coucher du soleil. Les virages s’enchainent et c’est depuis le haut de la péninsule que l’on admire son panorama. La péninsule de banks est en fait un ancien volcan érodé, c’est beau à couper le souffle !
Pour une fois, avec le soleil, je trouve que le paysage ressemble aux photos que j’ai vues dans mon guide :)

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Akaora

Nous nous installons sur une aire gratuite pour camper, le parking des rampes de mise à l’eau pour les bateaux, en plein centre ville. Non loin, des toilettes publics sont ouverts toute la nuit.
Nous sommes fatigués de la route et tout en cuisinant, on constate avec un grincement de dents que des gouttes commencent à tomber…
Puis rapidement, c’est l’averse doublé de rafales de vent. Bien sûr, c’est à ce moment précis que je décide de faire ma dernière expédition toilettes au milieu de la tempête. Résultat : vêtements trempés et un parapluie décédé. Youpi…
Durant toute la nuit les rafales de vent n’auront pas cessé, faisant vibrer le van comme notre super nuit au Mont Cook.

Le lendemain matin, le vent est tombé, mais les gouttelettes de pluie demeurent. Tant pis, nous partons, Thomas et moi (Noélia, capitule encore) à la découverte de la ville. Akaora est une ancienne ville coloniale française où les baleiniers faisaient leur activité. C’est pourquoi on trouve ça et là des drapeaux français, des « épiceries » ou encore des « boucheries françaises » et quelques vieux chaudrons où étaient conservées les huiles de baleine.

La visite demanderait plus de temps, mais entre deux averses, il est difficile de vraiment apprécier.

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Arc en ciel sur Akaora vue d’en haut

Nous prenons ensuite la route direction Christchurch. Et là ironie du sort, nous faisons la visite de la ville sous un soleil radieux. Secouée par un séisme en 2011, faisant 185 morts, la ville est un vaste chantier. Il y a des travaux de reconstruction partout et les artistes tentent de redorer le blason avec des installations artistiques. Il y a pas mal de peintures murales sur les bâtiments et tout un quartier commerçant a été crée avec des conteneurs industriels.
Un mémorial avec 185 chaises blanches est installé dans la ville pour rendre hommage aux victimes. La visite a été intéressante et relativement émouvante, bercée par le son des marteaux piqueurs.

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Centre commercial avec des conteneurs – Christchurch

Nous prenons ensuite la route vers Kaikoura, arrêt incontournable pour les amateurs de baleines.
C’est la fin d’après-midi et nous arrivons de justesse au centre d’infos pour réserver notre croisière pour le lendemain. Ce qui est bien ici c’est qu’il n’y a pas 100 compagnies, mais une seule qui fait les croisières pour les baleines : Whale Watching. Le tarif (145 NZ $) est relativement élevé, mais ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir des baleines…

Après avoir booké notre ticket, nous partons à Point Keen, un endroit gratuit où l’on peut admirer des phoques en liberté. Nous arrivons là bas pour le coucher du soleil. Kaikoura est une petite ville entourée de montagnes enneigées avec vue sur mer, une petite merveille ! Le coucher de soleil est splendide et le spectacle des phoques, un régal. Ils sont tous étalés sur les roches, certains se hissent sur leurs pattes tant bien que mal pour prendre la pause et se recoucher aussitôt. C’est la première fois que j’en vois de si prêt et en liberté dans la nature ! C’est magique !

Nous nous installons pour la nuit dans un free camp … directement sur la plage !
Le spot, gratuit, est incroyable. Face à nous, la mer et derrière nous les montagnes enneigées. Je crois que ça fera partie des plus beaux endroits où l’on a dormi.
Cette fois Noélia passe à l’offensive niveau froid et troc son pyjama contre la tenue de ski… une tenue de survie comme elle l’appelle. Elle part donc au lit avec son pantalon de ski, sa veste de ski, deux paires de chaussettes, ses gants et son bonnet. Bonne nuit les petits !
Le matin on assiste comme des privilégiés en sautant à peine du van à un magnifique lever de soleil !

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Lever de soleil – free camp Kaikoura

Free camp - Kaikoura

Moi au free camp – Kaikoura

Le matin nous embarquons à 10h pour une croisière de 3h à la rencontre des baleines.
On ne sera pas déçu du spectacle. Nous avons vu près de 4 sperm whales, alias grand cachalot.

Le bateau est équipé d’un sonar et dès que l’on repère une baleine, le bateau s’approche assez prêt le temps de nous laisser admirer les jets d’eaux recrachés par les cétacés pour enfin finir sur le spectacle du plongeon laissant dépasser sa queue.

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Kaikoura

Le bateau fait même un détour pour nous laisser voir des phoques perchés sur des rochers.

Thomas qui craint un peu le bateau a l’estomac un peu brassé. Moi, je suis aux anges de cette sortie, d’autant qu’une fois encore, on a eu un peu de chance d’avoir du soleil et pas une goutte de pluie.

Après le déjeuner on part direction Ohau Stream Waterfall, à 20 km au nord de Kaikoura. J’avais lu sur plusieurs forums que l’on pouvait aller y admirer des bébés phoques qui jouent dans une cascade.
Nous étions loin d’espérer un tel spectacle ! Dès le début de la marche d’une vingtaine de minutes pour atteindre la cascade, on croise des dizaines de jeunes phoques qui se prélassent dans l’eau du ruisseau ou lézarde complètement sur le sol. Il est conseillé tout de même de ne pas s’approcher trop prêt car c’est un animal agressif, mais il n’est pas évident de mettre un pied sans en croiser un à quelques mètres. Arrivés à la cascade c’est un spectacle hilarant qui nous attend. Il y a une bonne vingtaine de phoques qui sautent dans l’eau tels des dauphins. Ils jouent entre eux à se pousser dans l’eau et à se courser : de vrais enfants ! Nous ne sommes pas trop nombreux à avoir la chance de voir ce manège et c’est fort agréable. C’est impressionnant de voir l’effort de ces jeunes phoques pour jouer dans l’eau et descendre jusqu’en bas pour ensuite remonter jusqu’à la cascade. La journée finie en beauté !

Phoques qui jouent dans la cascade © Noélia

La suite du programme est le Nelson Lake National Park, ICI !

Vidéo du roadtrip :

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